« Exile », Adveniat, Paris, 2020, « Adam & Eve », 2018


      Adam and Eve, from dust to resurrection

The two stories of the creation of men in the book of Genesis still challenge me today when I think of the human body and its spirituality in my artistic work. As Martin Steffens, French contemporary philosopher explained in almost poetic precision through his original way of analysis between psychology and physics, our soul seems to have its skin invisible on the visible skin of our body. It is interesting that the touch on the skin and the nakedness of the body always evoke an immediate shame, permanent disease of the soul, mark of the original sin of Adam and Eve, present in our consciousness until today. It may just be a game of consciousness and subconsciousness in the human mind. What touches me deeply in this theme of Adam and Eve is summed up for me yet in different words: « guilt to beauty ». This history of original sin and that of shame, condemnation and flight are not fundamentally that of the religion reserved for Christianity, but it concerns our human nature in general without any necessary relation to the specific culture. Guilt, lies, accusations and the consciousness of ugliness are only the prerogative of human consciousness. But I interpret it in my way as evil to beauty. Adam and Eve, two sublime beings of beauty at the most finished level of the sixth day of divine creation, fled from its beauty by a sense of shame by entering into the temptation of evil that will introduce the history of ugliness into the most perfect beauty of divine creation. This awakening to ugliness, shame, evil seems irresistibly interesting to me. A transformation of beauty into a monstrosity takes place and, as a result, Adam and Eve are driven out of the Garden of Eden, an earthly paradise, their permanent happiness. But God is righteous and good despite this curse to men. He comes among men as a human being to repair this death of perpetual beauty. He created another universe by Jesus and his virgin mother Mary by abolishing the earthly paradise, the Garden of Eden. Salvation now appears in another image of beauty: « the kingdom of heaven for the risen of death ». Adam and Eve take on a new image of much more magnificent beauty as Jesus and Mary testify to us with their lives. Adam and Eve form one body according to the will of God in the book of Genesis. Jesus and Mary do the same as mother and child in this divine transformation. The corporal love thus becomes the holy love. All this seems to me very rich in meaning, extremely deep and broad, which makes Christianity. The theme of Adam and Eve will certainly occupy me a long time in my artistic activities. A praise of holiness as a new form of beauty, art as a challenge of new form of beauty. Art that does not fall back on itself, but that opens on another horizon difficult to define beforehand. This novelty attracts me. Art can then touch eternity, the domain of God in his earthly vision. Heaven and earth will meet at the end on this imaginary horizon, but at the same time very sensitive by a certain concrete reality as well as a hope. I wish it anyway.

Adam et Eve, de la poussière à la résurrection

Eve et son ange gardien, 90 x 140 cm, peinture à l’huile, 2018

Traduction en français

Les deux histoires de la création des hommes dans le livre de la Genèse me défient encore aujourd’hui quand je pense au corps humain et à sa spiritualité dans mon travail artistique. Comme Martin Steffens, philosophe français contemporain l’a expliqué avec une précision presque poétique à travers sa façon originale d’analyser entre psychologie et physique, notre âme semble avoir sa peau invisible sur la peau visible de notre corps. Il est intéressant de noter que le toucher de la peau et la nudité du corps évoquent toujours une honte immédiate, une maladie permanente de l’âme, marque du péché originel d’Adam et Eve, présent dans notre conscience jusqu’à aujourd’hui. Ce n’est peut-être qu’un jeu de conscience et de subconscience dans l’esprit humain. Ce qui me touche profondément dans ce thème d’Adam et Eve se résume encore pour moi en des mots différents : « la culpabilité envers la beauté ». Cette histoire du péché originel et celle de la honte, de la condamnation et de la fuite ne sont pas fondamentalement celle de la religion réservée au christianisme, mais elles concernent notre nature humaine en général sans aucun rapport nécessaire avec la culture spécifique. La culpabilité, le mensonge, les accusations et la conscience de la laideur ne sont que la prérogative de la conscience humaine. Mais je l’interprète à ma façon comme un mal à la beauté. Adam et Eve, deux êtres sublimes de beauté au niveau le plus fini du sixième jour de la création divine, ont fui leur beauté par un sentiment de honte en entrant dans la tentation du mal qui introduira l’histoire de la laideur dans la beauté la plus parfaite de la création divine. Cet éveil à la laideur, à la honte, au mal me semble irrésistiblement intéressant. Une transformation de la beauté en une monstruosité a lieu et, en conséquence, Adam et Eve sont chassés du Jardin d’Eden, un paradis terrestre, leur bonheur permanent. Mais Dieu est juste et bon malgré cette malédiction pour les hommes. Il vient parmi les hommes en tant qu’être humain pour réparer cette mort d’une beauté perpétuelle. Il a créé un autre univers par Jésus et sa vierge mère Marie en abolissant le paradis terrestre, le jardin d’Eden. Le salut apparaît maintenant dans une autre image de la beauté : « le royaume des cieux pour le ressuscité de la mort ». Adam et Eve prennent une nouvelle image d’une beauté beaucoup plus magnifique alors que Jésus et Marie nous témoignent de leur vie. Adam et Eve forment un seul corps selon la volonté de Dieu dans le livre de la Genèse. Jésus et Marie font la même chose que la mère et l’enfant dans cette transformation divine. L’amour corporel devient ainsi le saint amour. Tout cela me semble très riche de sens, extrêmement profond et large, ce qui fait le christianisme. Le thème d’Adam et Eve m’occupera certainement longtemps dans mes activités artistiques. Un éloge de la sainteté comme nouvelle forme de beauté, l’art comme défi d’une nouvelle forme de beauté. Un art qui ne retombe pas sur lui-même, mais qui s’ouvre sur un autre horizon difficile à définir au préalable. Cette nouveauté m’attire. L’art peut alors toucher l’éternité, domaine de Dieu dans sa vision terrestre. Le ciel et la terre se rencontreront à la fin sur cet horizon imaginaire, mais en même temps très sensibles à une certaine réalité concrète ainsi qu’à une espérance. Je le souhaite quand même.  

Eden Jung-Wook Park                                                                                                                                                   

Exode N. 7, 50 x 70 cm, Peinture à l’huile, 2019
Exode N. 4, 50 x 70 cm, Peinture à l’huile, 2019
Exode N. 1, 50 x 70 cm, Peinture à l’huile, 2019
Exode N. 2, 50 x 62 cm, peinture à l’huile, 2020
Exode N. 5, 50 x 39 cm, peinture à l’huile, 2020
Exode N. 6, 50 x 39 cm, peinture à l’huile, 2020

Adam et Eve, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Eden, 90 x 140 cm, peinture à l’huile, 2018
Adam, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Saint, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Femme, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Eve, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Création d’Eve, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Sainte Marie, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Exil, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *