« Space : Tension and structure, reversed mountain – Korean garden », CAMAC Art Center, Marnay-sur-Seine, 2004

Exposition « Espace : Tension et Structure, montagne renversée – jardin coréen », CAMAC Art Center, Marnay-sur-Seine, 2004

Simplicity is prerequisite for decent grace. Gwang(sunshine) Pung(wind) Je(shower of dews) Wol(moonlight), a Chinese maxim, meaning clear sky and tender moonlight after dazzling sunshine, a blast of wind and a scattered shower, is a key word to understand a Korean garden. This maxim has well expounded architectural principles and aesthetics of the Korean garden while it originally had been cited by Hwang Junggyun to eulogize the great scholar Ju Hee, a man of character.

In Korean garden, the technique of dazzling sunshine draws the beauty of light by making rays hung over through the darkness of rooms and floors and by unfolding fine views of in house yards and ponds. The technique of wind is designed to generate effective ventilation between walls and out ways by placing small alleys. Moreover, by planting bamboo trees in back garden, the technique enables people to appreciate wind sound blowing through the trees. The technique of clearness (clear sky) facilitates people to enjoy resilient change of four seasons by laying aside a big empty space, a Madang (front yard). The Madang is the place for meditation as well. The technique of moon elicits artistic moods of nightlife by differentiating spaces for nightlife and daylife. The garden hurdled with sunshine, wind, clear sky, and moon brings people to sense pleasure of the nature and prompts people to contemplate through it, helping them to build up great personalities.

Above encompasses the savor of the Korean garden. The Korean garden with decent grace comes from placing lots of vacant spaces to evade a magnificently decorated style. This is so because people regard a garden as an academia of personality beyond its natural function. In the context, the decent grace is no other than clearness. The garden is designed to focus on spiritual cultivation, keeping people from mundane aptitudes. It is like the sentiment that a Korean scholar intentionally places an empty space when he draws a branch of apricot tree in a drawing paper to articulate the spirit of temperance.

Traduction en français

La simplicité est une condition préalable à une grâce décente. Gwang (soleil) Fung (vent) Jae (douche) Wol (clair de lune), une maxime chinoise, signifiant ciel clair et clair de lune tendre après un soleil éblouissant, un souffle de vent et une douche dispersée des rosées, est un mot clé pour comprendre un jardin coréen. Cette maxime a bien exposé les principes architecturaux et l’esthétique du jardin coréen alors qu’elle avait été à l’origine citée par Hwang Junggyun pour faire l’éloge du grand érudit Ju Hee, un homme de caractère.

Dans le jardin coréen, la technique du soleil éblouissant attire la beauté de la lumière en faisant pendre des rayons dans l’obscurité des pièces et des sols et en déployant de belles vues sur ses cours et les étangs de la maison. La technique du vent est conçue pour générer une ventilation efficace entre les murs et les sorties en plaçant de petites ruelles. De plus, en plantant des bambous dans le jardin arrière, la technique permet aux gens d’apprécier le bruit du vent qui souffle à travers les arbres. La technique de la clarté (ciel clair) permet aux gens de profiter d’un changement résilient de quatre saisons en mettant de côté un grand espace vide, un Madang (cour avant). Le Madang est également le lieu de la méditation. La technique de la lune suscite les humeurs artistiques de la vie nocturne en différenciant les espaces pour la vie nocturne et la vie quotidienne. Le jardin rempli de soleil, de vent, de ciel clair et de lune amène les gens à ressentir le plaisir de la nature et les incite à la contempler à travers elle, en les aidant à construire de grandes personnalités.

Ci-dessus englobe la saveur du jardin coréen. Le jardin coréen avec une grâce décente vient de placer beaucoup d’espaces vacants pour échapper à un style magnifiquement décoré. Il en est ainsi parce que les gens considèrent un jardin comme un univers de personnalité au-delà de sa fonction naturelle. Dans ce contexte, la grâce décente n’est autre que la clarté de psersonnalité. Le jardin est donc conçu pour se concentrer sur la culture spirituelle, en gardant les gens des aptitudes mondaines. C’est comme le sentiment qu’un artiste lettré coréen place intentionnellement un espace vide lorsqu’il dessine une branche d’abricotier sur un papier à dessin pour exprimer l’esprit de tempérance.

Eden Jung-Wook Park

Montagne renversée, 43 x 24 cm, dessin sur papier, 2004
Montagne renversée, 14 x 12 m, Installation en pierre taillée, 2004
Montagne renversée, 210 x 120 cm, série de deux peintures à l’huile par Jean-Paul Agisti en coordonation au dessin de Jung-Wook Park, 2004
Montagne renversée, 14 x 12 m, installation en pierre taillée, trois pierre naturelles et grains de sable, 2004
Montagne renversée, 14 x 12 m, installation en pierre taillée, trois pierre naturelles et grains de sable, 2004

« Spectrum of gardens », Ars & Locus Institute, Coubertin Foundation, Saint-Rémy-les-Chevreuse, 2006

Exposition « Le Spectre des jardins », Ars & Locus Institut, Fondation Coubertin, Saint-Rémy-les-Chevreuse, 2006

Ars & Locus Institut was created at EHESS (University of High Research in Sociology, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) in Paris. The idea was originally put toward at an international conference organised by AICA (International Association of Art Critics, Association Internationale des Critiques d’Art) in 1995, on the subject EAST/WEST: Forms of art and landscape design accomplished by Jacques Leenhardt at the Crestet Art Center, between 1987 and 2001. The ambition of Ars & Locus Institute is to pursue the experimentation, on both a conceptual and a practical level.

The exhibition ‘The Spectrum of gardens’ is the second artistic project organised by Ars & Locus Institut. It follows on from ‘Space : Tension and Structure, a Korean garden in Marney-sur-Seine, organised by CAMAC (Centre d’Art Marney Art Center) in 2004, in which a number of European artists also participated and where the art of Korean gardens was analysed through the forms of contemporary art. The same theme recurs in a similar context but in more developed and varied forms with the title of ‘The Spectrum of gardens ». On this occasion, the garden as an art form is shown to involve a process of movement and discovery. Transformed in a contemporary work of art, the garden is both visible and invisible.

I wish to express my gratitude to the Couvertin Foundation for welcoming us and to the local assembly of the Department of the Yvelines for its financial support. The Korean Cultural Center in Paris provided an extremely generous subsidy, as part of the official commemoration marking the 120th year of diplomatic relations between France and Korea, I wish especially to thank Yves Abrioux, who curated the exhibition, and Pascal Grémont, curator of the Coubertin Foundation, for their valuable efforts. I am particularly grateful to all the artists who agreed to participate in the project. This exhibition owes everything to their interest in developing new approaches to the art of gardens. They have created a poetic spectrum of gardens, a new form of art as movement. Like all other arts, the art of gardens is forever renewing itself.

Eden Jung-Wook Park, Director of Ars & Locus Institue, EHESS, Paris

Traduction en français

Ars & Locus Institut a été créé à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), Paris, dans la continuité des débats menés en 1995 dans le cadre du Congrès international de l’AICA (Association internationale des critiques d’art) sur Les Formes de l’art : Orient/Occident, notamment dans le domaine de l’art du paysage. L’Institut s’appuie dans ses réflexions sur l’expérience accumulée de 1987 à 2001 au Crestet center d’art, sous la présidence de Jacques Leenhardt, dans le domaine de l’articulation entre pratiques artistiques et paysagères. Il se propose de poursuivre ces travaux tant sur le plan conceptuel que par l’organisation de manifestations.

L’exposition Le Spectre des jardins est la deuxième manifestation artistique de Ars & Locus Institut. Elle fait suite à Espace : tension et structure, un jarrdin coréen à Marnay-sur-Seine. Dans cette première exposition organisée au CAMAC (Centre d’Art Marnay Art Center) en 2004, à laquelle participaient également plusieurs artistes européens, l’art du jardin coréen était analysé à travers la forme de l’art contemporain. Cette problématique est reprise dans un contexte comparable pour l’exposition Le Spectre des jardins à la  Fondation Coubertin, dans une dimension plus évoluée et plus variée. L’art du jardin se dévoile cette fois en tant que jeu de parcours. Le jardin est simultanément visible et invisible, par sa transformation en oeuvre d’art contemporaine. Cette exposition doit beaucoup à l’intérêt des artistes pour une nouvelle pratique de l’art du jardin. Grâce à leur participation, le jardin révèle tout un spectre de possibilités poétiques ; il se constitue en une nouvelle forme d’art du parcours. Comme tout art, le jardin se renouvelle à chaque époque.

Artistes invités à l’exposition  Le Spectre des jardins :

JEAN-PAUL AGOSTI, DOMINIQUE AUERBACHER, BURATTONI & ABRIOUX, SUSAN BUTLER, KI YOUL CHA, BILL CULBERT, ERIC EMO, IAN HAMILTON FINLAY, PAT KAUFMAN, BERNARD LASSUS, JEAN LETOURNEUR, NEW ARCADIANS, JUNG WOOK PARK, JEAN CHARLES PIGEAU, COLETTE RAYNAUD, JOHN STATHOS, HOLGER TRULSCHE, HERVE VACHEZ, IAN WALKER, KATE WHITEFORD, HYUN MI YOO

Organisateur : Jung-Wook PARK, directeur de Ars & Locus Institut, EHESS, Paris

Commissaire : Yves Abrioux

Mécénats : Fondation Coubertin, Centre Culturel Coréen, Conseil Général des Yvelines

Spectre du jardin coréen, 28 x 21 cm, dessin pour l’installation, 2006

Spectre du jardin coréen, 24 x 17 cm, calligraphie, 2006
Spectre du jardin coréen, 28 x 21 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, bonsai, 2006
Spectre du jardin coréen, 28 x 21 cm, dessin pour l’installation, 2006
Porte du jardin, 28 x 21 cm, dessin pour l’installation, 2006
Spectre du jardin coréen, 28 x 21 cm, dessin et collage sur papier, 2006
Spectre du jardin coréen, 28 x 1.5 m, installation et terre et deux batons de bois, 2006
Spectre du jardin coréen, 28 x 21 m, installation en charbons laqués en blanc et noir sur sol en brique, 2006
Spectre du jardin coréen, 28 x 21 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, bonsai, 2006
Spectre du jardin coréen, 28 x 1,5 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, 2006
Spectre du jardin coréen, 28 x 21 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, 2006
Spectre du jardin coréen, 280 x 210 cm, Peinture à l’huile, 2006
Spectre du jardin coréen, 28 x 1,5 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, 2006
Spectre du jardin coréen, 28 x 1,5 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, 2006
Spectre du jardin coréen, 28 x 1,5 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, 2006

« Confined mind », Espace Mompezat, Paris, 2020

Par l’unique délié 
D’un pinceau de soie,
Poursuivre le voyage
Initiatique de l’encre sépia,
Et dans la lumière
Des vides et des pleins,
Léviter sur la musique
Du silence de nuit.

Michel Benard, poète, curator of l'exposition "Âme confinée"

It is no coincidence that this remarkable exhibition is called « Confined mind”. It should be noted that all the works presented here were created during the period of confinement, which is also the symbol of a quest for freedom. Eden was director of various artistic institutes, Seoul, Paris and participated in numerous exhibitions, installations, particularly in France in Paris, Chartres, Figeac, Saint Rémy les Chevreuse, etc. An elegant way to foil the weight of fate, to alleviate the unnatural constraints imposed on us.

Abstract or figurative, the works are neat, refined, fragmented with interesting harmonious chromatic and geometric variations. We find there both a refined expression derived from cubism where we could think of Otto Freundlich among others, but also of constructivism or Dadaism, we come to think of the work Auguste Herbin. It is not impossible, however, that you will be surprised by an unusual aspect linked to the presence of very figurative works and beautiful invoices. No, don’t be surprised, because the abstract or the figurative belong to the same movement, to the same patterns of expression. The process is similar, because a portrait isn’t the result of the abstraction of an interpretation ?

No doubt you will discover there the wink addressed to Leonardo da Vinci through « La belle Ferronnière », but also a hagiographic sign by the representation of Saint-Joseph, beautiful virile figure who is not without me, bring to mind the outstanding work of Lucian Freud and also all the mystical and emotional sweetness of Saint-Antoine de Padoue and the almost ephebe or even hermaphrodite of Saint John the Baptist, inner seal of a deep faith, but discreet, here no exhibition , nor ostentation, just a breath of authenticity.

To conclude, because I don’t want to sound tedious, but you can also discover some small sculptures that may raise questions. Well no, these little works are very much in the spirit of confinement, withdrawal, emptiness, absence and severance with the most basic social ties. A black chair under a globe is already confinement, then you will find the presence of a mineral element placed on the chair, it is only charcoal painted white, symbol of the mirage of existence. However, this « white » charcoal evokes the renewal of life through the fire contained in the material. So here is the hope, the mutation, the alchemical metamorphosis.

Now is the time to let your free will admire the works of Eden Jung-Wook Park.

Michel Bénard.

Laureate of the French Academy (Académie Française).

Knight in the Order of Arts and Letters.

  • traduction française

Eden Jung-Wook Park par Michel Bénard, lauréat de l’Académie française, chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

C’est avec une grande satisfaction que nous vous accueillons en ces lieux, siège de la Société des Poètes Français, existant depuis 1902, autour de l’artiste et ami Eden Jung-Wook Park pour son exposition « Âme confinée » qui tombe à point nommé dans ce contexte de pandémie quelque peu surréaliste, dont je me dispenserai du moindre commentaire. Cependant il est bon, grâce à des artistes comme Eden de renouer avec les véritables liens sociaux et non pas ceux virtuels et stériles que l’on veut nous imposer à grands renforts médiatiques, afin de mieux pouvoir nous gérer et nous précipiter dans un système que nous n’avons nécessairement pas choisi.  

De ce fait et dans ce contexte c’est un authentique plaisir d’accueillir Eden, dont le parcours ne nous laisse pas insensibles et moins encore indifférents. Ce n’est pas un hasard si cette remarquable exposition s’intitule « Âme confinée. » Signalons que toutes les œuvres ici présentées furent composées durant la période du confinement, ce qui est aussi le symbole d’une quête de liberté.

Pour vous je vais évoquer une anecdote singulière qui m’apparaît comme un signe de la destinée. Eden comme beaucoup de ses amis le savent ici, est d’origine coréenne du Sud où il y travailla et étudia les arts extrême-orientaux ce qui paraît assez logique. Mais un jour, par quel mystère prit-il connaissance d’un poème de Paul Valéry « Le cimetière marin » ? Allez donc savoir pourquoi ce fut une révélation, un déclic, une sorte de choc décisif. Le fait n’est pas banal, mais il l’incita à venir vivre en France et à y poursuivre ses études.

En premier lieu, Eden se rendra à Sète sur la tombe de Paul Valéry, puis s’orientera vers Paris. En premier lieu il s’engagera dans la filière sociale à quelques pas de notre Espace Mompezat, à la maison et fondation Auguste Conte, immense sociologue et humaniste. Puis ce sera un doctorat d’art et d’archéologie à la Sorbonne. Avec aussi des travaux sérieux sur Marcel Proust, convenez que le fait n’est pas commun pour un coréen. Et voyez aujourd’hui c’est en sorte un retour aux sources, car nous restons dans le quartier de ses études. Hasard ? Peut-être pas !

Eden fut directeur de divers instituts artistiques, Séoul, Londres, Paris et participa à de nombreuses expositions, installations ou performances, particulièrement en France à Paris, Chartres, Figeac, Saint Rémy lés Chevreuse, etc.

Ainsi que je vous l’ai déjà dit, les œuvres ici présentées sur les cimaises furent composées durant le confinement, une manière élégante de déjouer le poids du destin, d’alléger les contraintes contre nature qui nous sont imposées.

Abstraites ou figuratives les œuvres sont soignées, raffinées, fragmentées avec d’intéressantes variations chromatiques et géométriques harmonieuses. Nous y retrouvons à la fois une expression épurée dérivée du cubisme où nous pourrions songer à Otto Freundlich entre autres, mais aussi du constructivisme ou dadaïsme, il nous vient à pense à l’œuvre Auguste Herbin. Il n’est pas impossible cependant que vous soyez surpris par un aspect insolite lié à la présence d’œuvres très figuratives et de belles factures. Non, n’en soyez pas étonnés, car l’abstrait ou le figuratif appartiennent à la même mouvance, aux mêmes motifs d’expressions. La démarche est similaire, car un portrait n’est-il pas le fruit de l’abstraction d’une interprétation.

Sans doute y découvrirez-vous le clin d’œil adressé à Léonard de Vinci au travers de «  La belle Ferronnière », mais également un signe hagiographique par la représentation d’un Saint-Joseph, belle figure virile qui n’est pas sans me faire songer à l’œuvre marquante de Lucian Freud et aussi toute la douceur mystique et affective de Saint-Antoine de Padoue et du presque éphèbe voire hermaphrodite de Saint Jean-Baptiste, sceau intérieur d’une foi profonde, mais discrète, ici aucune exhibition, ni ostentation, simplement un souffle d’authenticité.

Pour conclure, car je ne voudrai paraitre fastidieux, mais vous pourrez découvrir aussi quelques petites sculptures pouvant soulever l’interrogation. Eh bien non, ces petites œuvres sont tout à fait dans l’esprit du confinement, du repli, du vide, de l’absence et de la coupure avec les liens sociaux les plus élémentaires. Une chaise noire sous globe, c’est déjà le confinement, puis vous trouverez la présence d’un élément minéral placé sur la chaise, ce n’est que du charbon peint en blanc, symbole du mirage de l’existence. Cependant ce charbon « blanc » évoque le renouveau de la vie par le feu contenu dans la matière. Voilà donc l’espoir, la mutation, la métamorphose alchimique.

L’heure est venue de vous laisser admirer face à votre libre arbitre les œuvres d’Eden Jung-Wook Parc.

Mais les arts ne formant qu’un tout, nous poursuivrons ce vernissage avec la délicieuse et délicate chanteuse Clémentine Stépanoff et son sympathique guitariste Bruno Martin, auteur et compositeur.

Bonne suite de soirée en ce temps de confinement et de barrières sociales.

« Protections sociales » seraient beaucoup mieux, mais ne demandons pas l’impossible à nos organisateurs et « responsables » politiques !

Vive l’Art et vive la Liberté !

Michel Bénard.    

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Poeta Honoris Causa.

Âme confinée / Confined mind, Eden Jung-Wook Park

Cette exposition présente 17 œuvres qui expriment en peinture abstraite, figurative et en sculpture contemporaine, le visage de la solitude, le désir de la liberté, une quête spirituelle qui dépasse la différence culturelle. L’âme confinée semble refléter notre époque dans toutes ses nuances, mais ce thème figure la continuité des autres thèmes de mes expositions précédentes : Au bout du voyage, Espoir, Paix, Exode, Exil. Le confinement est paradoxalement une recherche de la liberté, son souffle au sein de la naissance du vent imaginaire, sa puissance salée en son rejaillissement vivifiant, une ode de la vie éternelle malgré le brisement poétique du corps dans le silence de confinement douloureux. A cette liberté, la valeur essentielle de notre vie humaine, vient la préciosité de l’art dans mon parcours envers l’absolue.                                                                           

Une fraîcheur, de la mer exhalée,
Me rend mon âme… Ô puissance salée !
Courons à l’onde en rejaillir vivant.”

– Le cimetière marin, Paul Valery,

Spleen, 59 x 79 cm, crayon de couleur, peinture à l’huile sur plaque de pvc noir, 2020
Escalier, 59 x 79 cm, crayon de couleur, peinture à l’huile sur plaque de pvc noir, 2020
Rêve confinée, 59 x 79 cm, crayon de couleur, peinture à l’huile sur plaque de pvc noir, 2020
Hésitation, 59 x 79 cm, crayon de couleur, peinture à l’huile sur plaque de pvc noir, 2020
Paysage de confinement, 59 x 79 cm, crayon de couleur, peinture à l’huile sur plaque de pvc noir, 2020
Prolongation, 59 x 79 cm, crayon de couleur, peinture à l’huile sur plaque de pvc noir, 2020
Exil Milan, charbon laqué en blanc, chaise en miniature, cloche en verre avec socle à 27 x 15 cm , 2020
Exil Séoul, charbon laqué en blanc, chaise en miniature, cloche en verre avec socle à 27 x 15 cm, 2020

« Exile », Adveniat, Paris, 2020, « Adam & Eve », 2018


      Adam and Eve, from dust to resurrection

The two stories of the creation of men in the book of Genesis still challenge me today when I think of the human body and its spirituality in my artistic work. As Martin Steffens, French contemporary philosopher explained in almost poetic precision through his original way of analysis between psychology and physics, our soul seems to have its skin invisible on the visible skin of our body. It is interesting that the touch on the skin and the nakedness of the body always evoke an immediate shame, permanent disease of the soul, mark of the original sin of Adam and Eve, present in our consciousness until today. It may just be a game of consciousness and subconsciousness in the human mind. What touches me deeply in this theme of Adam and Eve is summed up for me yet in different words: « guilt to beauty ». This history of original sin and that of shame, condemnation and flight are not fundamentally that of the religion reserved for Christianity, but it concerns our human nature in general without any necessary relation to the specific culture. Guilt, lies, accusations and the consciousness of ugliness are only the prerogative of human consciousness. But I interpret it in my way as evil to beauty. Adam and Eve, two sublime beings of beauty at the most finished level of the sixth day of divine creation, fled from its beauty by a sense of shame by entering into the temptation of evil that will introduce the history of ugliness into the most perfect beauty of divine creation. This awakening to ugliness, shame, evil seems irresistibly interesting to me. A transformation of beauty into a monstrosity takes place and, as a result, Adam and Eve are driven out of the Garden of Eden, an earthly paradise, their permanent happiness. But God is righteous and good despite this curse to men. He comes among men as a human being to repair this death of perpetual beauty. He created another universe by Jesus and his virgin mother Mary by abolishing the earthly paradise, the Garden of Eden. Salvation now appears in another image of beauty: « the kingdom of heaven for the risen of death ». Adam and Eve take on a new image of much more magnificent beauty as Jesus and Mary testify to us with their lives. Adam and Eve form one body according to the will of God in the book of Genesis. Jesus and Mary do the same as mother and child in this divine transformation. The corporal love thus becomes the holy love. All this seems to me very rich in meaning, extremely deep and broad, which makes Christianity. The theme of Adam and Eve will certainly occupy me a long time in my artistic activities. A praise of holiness as a new form of beauty, art as a challenge of new form of beauty. Art that does not fall back on itself, but that opens on another horizon difficult to define beforehand. This novelty attracts me. Art can then touch eternity, the domain of God in his earthly vision. Heaven and earth will meet at the end on this imaginary horizon, but at the same time very sensitive by a certain concrete reality as well as a hope. I wish it anyway.

Adam et Eve, de la poussière à la résurrection

Eve et son ange gardien, 90 x 140 cm, peinture à l’huile, 2018

Traduction en français

Les deux histoires de la création des hommes dans le livre de la Genèse me défient encore aujourd’hui quand je pense au corps humain et à sa spiritualité dans mon travail artistique. Comme Martin Steffens, philosophe français contemporain l’a expliqué avec une précision presque poétique à travers sa façon originale d’analyser entre psychologie et physique, notre âme semble avoir sa peau invisible sur la peau visible de notre corps. Il est intéressant de noter que le toucher de la peau et la nudité du corps évoquent toujours une honte immédiate, une maladie permanente de l’âme, marque du péché originel d’Adam et Eve, présent dans notre conscience jusqu’à aujourd’hui. Ce n’est peut-être qu’un jeu de conscience et de subconscience dans l’esprit humain. Ce qui me touche profondément dans ce thème d’Adam et Eve se résume encore pour moi en des mots différents : « la culpabilité envers la beauté ». Cette histoire du péché originel et celle de la honte, de la condamnation et de la fuite ne sont pas fondamentalement celle de la religion réservée au christianisme, mais elles concernent notre nature humaine en général sans aucun rapport nécessaire avec la culture spécifique. La culpabilité, le mensonge, les accusations et la conscience de la laideur ne sont que la prérogative de la conscience humaine. Mais je l’interprète à ma façon comme un mal à la beauté. Adam et Eve, deux êtres sublimes de beauté au niveau le plus fini du sixième jour de la création divine, ont fui leur beauté par un sentiment de honte en entrant dans la tentation du mal qui introduira l’histoire de la laideur dans la beauté la plus parfaite de la création divine. Cet éveil à la laideur, à la honte, au mal me semble irrésistiblement intéressant. Une transformation de la beauté en une monstruosité a lieu et, en conséquence, Adam et Eve sont chassés du Jardin d’Eden, un paradis terrestre, leur bonheur permanent. Mais Dieu est juste et bon malgré cette malédiction pour les hommes. Il vient parmi les hommes en tant qu’être humain pour réparer cette mort d’une beauté perpétuelle. Il a créé un autre univers par Jésus et sa vierge mère Marie en abolissant le paradis terrestre, le jardin d’Eden. Le salut apparaît maintenant dans une autre image de la beauté : « le royaume des cieux pour le ressuscité de la mort ». Adam et Eve prennent une nouvelle image d’une beauté beaucoup plus magnifique alors que Jésus et Marie nous témoignent de leur vie. Adam et Eve forment un seul corps selon la volonté de Dieu dans le livre de la Genèse. Jésus et Marie font la même chose que la mère et l’enfant dans cette transformation divine. L’amour corporel devient ainsi le saint amour. Tout cela me semble très riche de sens, extrêmement profond et large, ce qui fait le christianisme. Le thème d’Adam et Eve m’occupera certainement longtemps dans mes activités artistiques. Un éloge de la sainteté comme nouvelle forme de beauté, l’art comme défi d’une nouvelle forme de beauté. Un art qui ne retombe pas sur lui-même, mais qui s’ouvre sur un autre horizon difficile à définir au préalable. Cette nouveauté m’attire. L’art peut alors toucher l’éternité, domaine de Dieu dans sa vision terrestre. Le ciel et la terre se rencontreront à la fin sur cet horizon imaginaire, mais en même temps très sensibles à une certaine réalité concrète ainsi qu’à une espérance. Je le souhaite quand même.  

Eden Jung-Wook Park                                                                                                                                                   

Exode N. 7, 50 x 70 cm, Peinture à l’huile, 2019
Exode N. 4, 50 x 70 cm, Peinture à l’huile, 2019
Exode N. 1, 50 x 70 cm, Peinture à l’huile, 2019
Exode N. 2, 50 x 62 cm, peinture à l’huile, 2020
Exode N. 5, 50 x 39 cm, peinture à l’huile, 2020
Exode N. 6, 50 x 39 cm, peinture à l’huile, 2020

Adam et Eve, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Eden, 90 x 140 cm, peinture à l’huile, 2018
Adam, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Saint, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Femme, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Eve, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Création d’Eve, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Sainte Marie, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018
Exil, 24 x 32 cm, dessin sur papier, 2018

« Exodus, Exile », Centre Œcuménique et Artistique, Chartres, 2019

« Un morceau de charbon entre la vie et la mort »

Eden Jung-Wook PARK

Exil, 140 x 71 cm, Sculpture Installation, 2019
Exil Cupidité, 20 x 10 cm, Sculpture Installation, Pomme d’Adam, 23 x 31 cm, dessin sur papier, 2019

Un poème de Yun Dong-Ju (December 30, 1917 – February 16, 1945), poète coréen qui a vécu sous l’occupation japonaise et mort à la prison à cause de sa participation littéraire à la Résistance.

Autoportrait

Contournant le coin de la montagne, parvenu seul à un puits isolé au bord de la rizière,

Je regarde tranquillement le fond.

Au fond du puits la lune brille, les nuages défilent, le ciel se déploie.

Le vent d’azur souffle. Tiens ! L’automne est là.

Et puis il y a un gars.

Allez savoir pourquoi, ce gars-là le prenant en grippe je m’en retourne.

Chemin faisant je réfléchis : ce gars-là est à plaindre.

Revenu sur mes pas, je regarde le fond, le gars est toujours là.

Le prenant de nouveau en grippe je m’en retourne.

Chemin faisant je réfléchis : ce gars-là me manque.

Au fond du puits la lune brille, les nuages défilent, le ciel se déploie, le vent d’azur souffle :

Tiens ! L’automne est là et, tel un souvenir, il y a le gars.

– septembre 1939, Yun Dong-Ju, poète coréen, traduit par Hyeun-ju KIM et Pierre MESINI, édité par Autres Temps en France

   Je vais maintenant réécrire ce poème en remplaçant le mot « gars » par le mot « pays » et le « puits » par « tasse à café ». Cela pourrait aider à nous apercevoir bien la nostalgie d’un exilé et son parcours spirituel. Vous allez voir en même temps que les deux poèmes, authentique et plagié à ma manière, ne font qu’un seul au fond, si j’ose me permettre de les comparer malgré mon admiration.

Un poème touche quelque chose de commun, d’ordre fondamental et la raison la plus humaine à nous tous, car nous ne sommes que des pauvres êtres devant la réalité souvent chaotique. Malgré cela il y a heureusement une autre force complètement différente dans l’âme d’un poète et celle d’un artiste, plus forte que n’importe quelle puissance goliathique du monde. Et c’est de cela que j’aimerais parler. Ecoutons le poème consacré à Yun Dong-Ju, le poète coréen qui a anéanti en quelques mots toutes les formes d’orgueil du monde dans notre cœur. Et c’est cela, le secret d’un être humain. L’intérêt des artistes est là.

Autoportrait d’un pays

Contournant le coin de la ville, parvenu seul à un café au bord de la rizière,

Je regarde tranquillement ma tasse à café.

Au fond de la tasse la lune brille, les nuages défilent, le ciel se déploie.

Le vent d’azur souffle. Tiens ! L’automne est là.

Et puis il y a un autre pays.

Allez savoir pourquoi, ce pays-là le prenant en grippe je m’en retourne.

Chemin faisant je réfléchis : ce pays-là est à plaindre.

Revenu sur mes pas, je regarde ma tasse à café, le pays est toujours là.

Le prenant de nouveau en grippe je m’en retourne.

Chemin faisant je réfléchis : ce pays-là me manque.

Au fond de la tasse la lune brille, les nuages défilent, le ciel se déploie.

Le vent d’azur souffle.

Tiens ! L’automne est là et, tel un souvenir, il y a ce pays.

Soirée de l’exposition Exode Exil, concert d’Iyade Haimour avec Marina Poydenot, maison oeucuménique et artistique, Chartres, 2019

   Un exilé est condamné à vivre une double identité dans un pays étranger, mais une seule identité, la troisième par un autoportrait intime qu’il construit tous les jours et que lui seul connaît à son intérieur dans sa conscience bien à l’abris. Il l’aperçoit probablement d’une façon imaginaire et illusoire comme dans ces deux poèmes cités ci-dessus, mais en tout cas plus authentique que celui de naissance ou d’un autre pays étranger. Un exilé a une histoire à rabâcher pendant toute sa vie pour que cela devienne une littérature, un cinéma ou une œuvre d’art à la fin de sa vie. Comme Albert Camus, lui-même un exilé français en Afrique, l’a bien décrit dans son roman « L’Etranger », un exilé en exode solitaire sans fin est dans l’absurdité de son identité. Il lui faut constamment une autre identité, un nouveau visage qui le dépasse. Ce n’est plus un roman…, mais la vraie vie.

Exode N. 4, 50 x 62 cm, peinture à l’huile, 2020

   Cette autre personne est souvent à l’image d’un pays refoulé dans ses pensées, de son pays natal abandonné, mort dans un cercueil psychologique qui emboîte sans cesse son mode de vie en créant des angoisses pénibles existentielles sans dire jusqu’à philosophique en noble terme par des connotations sophistiquées complètement inutiles. Il est tout simplement un être déraciné de sa propre raison d’être, car il n’appartient à aucune société pendant son existence provisoire. Il est obligé de créer son propre laboratoire d’une société imaginaire sous forme de chrysalide mental pour y vivre ou plutôt pour s’y cacher en fuyant toutes les inquisitions impitoyables sur son pays d’origine que les gens imposent sans aucune délicatesse de respect. Sa seule sortie psychologique serait une chimère de devenir un jour un papillon libre qui n’a pas de frontière. C’est extrêmement compliquée et subtile, la vie d’un exilé plus qu’on imagine par un préjugé stéréotypé. Cela peut intéresser certainement tous les écrivains…

   Cela sera la vie d’un exilé de sa propre volonté à la recherche de la liberté intellectuelle différente, d’une autre vie plus créative et plus valorisante. Oui. Une vie plus valorisante. Mais au bout du voyage, je me rends compte qu’il n’y a pas de vie plus valorisante ou moins valorisante. Toutes les vies se ressemblent et toutes les personnes se ressemblent aussi au fond malgré leur différence physique, culturelle et sociale.

   Nous sommes tous des exilés en fin du compte depuis nos deux ancêtres communs, Adam et Eve, exilés d’Eden, le paradis, notre pays d’origine. C’est pour cela que je me suis donné mon prénom d’artiste comme Eden et je me présente à chaque fois, « Je m’appelle Eden. Bienvenu au paradis ! » pour ne pas oublier la vérité essentielle que nous sommes tous exilés sur terre et que nous avons tous un désir de retourner au paradis où nous avons vécu en beauté parfaite sans soucis dans l’amour de notre Créateur en éternité. Ce manque a donné un sens dans ma vie.

   C’est de ce motif que j’ai commencé mon art et à me définir de plus en plus en tant qu’artiste. Mon art est à la recherche du temps perdu, du paradis perdu et d’Eden qui est devenu ma nouvelle identité en France. Ainsi je signe mes œuvres par Eden. Non seulement d’une connotation déontologique pour ma profession d’artiste, mais d’un désir métaphorique de retour au paradis, là où je vivais en parfaite harmonie avec les créatures et le Créateur. Ma destination finale est dans mon œuvre. Ma vie dépasse la quête des pays, la fuite et même les identités sociales et professionnelles. Je me rends compte que ma vie prend son sens dans une œuvre qui la reflète et qui montre ce qui ne change pas.    

Exode N. 1, 50 x 62 cm, peinture à l’huile, 2020

   J’ai développé concrètement dans mon parcours artistique en France le thème de la vie et la mort, la tension spirituelle entre les deux coefficients fondamentaux de la vie humaine et la transformation artistique de ces deux éléments au travers du contraste des formes végétales et minérales. Cela peut être une algèbre cosmique de la vie ou celle de la mort ou encore celle des deux en même temps. J’ai découvert le charbon comme une matière la plus adaptée pour exprimer cette variation d’algèbre alchimique. Le langage du chaos était là- dedans comme des strophes des poèmes. Le sens de la vie m’est apparu de cette façon artistique.

   Cela a commencé au début par des dessins à fusain. J’ai utilisé de plus en plus des fusains car ils donnaient une certaine profondeur spirituelle et plus de maturité dans les couleurs peintes en invitant une liberté infinie souvent dans des expressions fines de millimètre, absolument attirantes dans toute les formes de délicatesse possible. C’était comme si j’écrivais une histoire dans chaque couleur. Un mélange de la littérature et la peinture s’y est opéré à tout instant. A partir des fusains, j’ai continué à m’intéresser par suite aux morceaux de charbon cassé, une sorte de matrice des fusains. Il me parraissait que ce qui était fusain au dessin et à la peinture, ce serait le charbon pour l’installation et à la sculpture.  En 2006, j’ai fait ma première installation monumentale en utilisant des charbons peints en blanc et noir en quantité énorme dans le parc du château de la Fondation Coubertin près de Paris.

   Il y avait la forêt complètement ravagée par la grande tempête en 1999 dans ce domaine historique de la famille Pierre Coubertin à la vallée de La Chevreuse et j’ai découvert par hasard un arbre gigantesque survécu de cette catastrophe naturelle au milieu des nouveaux arbres plantés après la tempête. C’était le seul arbre qui a survécu dans ce domaine immense du château. Un frisson profond touchait jusqu’à tout mon souvenir de parcours de ma vie en France en tant qu’exilé intellectuel dans mes plusieurs réflexions suivantes. Le thème de la vie et la mort m’était inspiré par cette découverte d’une vérité clairement visible et par le processus d’intériorisation de ce premier choque.

Spectre du jardin coréen, 28 x 1,5 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, 2006

   Afin de montrer ce que serait le reflet artistique de cet arbre dans ma conscience, j’ai utilisé les morceaux de charbons, image de la mort d’un arbre, mais à la fois celle de la vie ressuscitée par sa transformation finale en feu vivifiante. Les charbons peint en blanc et noir exprimaient cette matière de transit entre la vie et la mort. Le blanc représente la lumière et le noir, des ténèbres. J’ai créé en synthèse de ces deux éléments opposés une forme d’arbre couché ou renversé sur terre devant cet arbre. Alors quelle surprise y est apparue de cette opération ! Cela a donné comme résultat final une forme de racine de cet arbre, symbol de la vie si on le regardait de loin. Une apparition de la racine de la vie dans sa majesté pure et lumineuse. Un éveil m’est arrivé par cette image incarnée à ma surprise.

   J’ai compris à ce moment-là que la racine peut être imaginaire. Ainsi j’ai retrouvé en même temps celle de ma vie. Un exilé intellectuel, déraciné de sa culture et de sa langue maternelle, peut avoir comme substitut une racine dans son imagination, dans son univers spirituel à lui seul et concrètement dans son œuvre d’art, incarnation réelle de cette racine spirituelle invisible. Celle-ci est par nature éternelle et dépasse toutes les contraintes de la réalité quotidienne qui nous emprisonne par sa limite frontalière du temps et d’espace. L’éternel est illimité par sa définition. La racine encrée, alimentée dans l’éternité serait le début de la liberté parfaite que je cherchais à travers tant des années d’exil et que nous espérons tous plus ou moins quelque part. J’ai trouvé ma racine et sa matière qui n’est ni de la famille ni d’une quelconque société. Le début d’une carrière d’artiste, mais cette fois-ci, fixé sur sa terre à lui, devenant citoyen de son propre pays. L’exil s’est terminé dans son œuvre artistique et son exode a pris sa fin en sens complet.     

   C’est là le vrai retour à notre origine authentique, à notre Eden. Et ainsi je pourrais finalement signer Eden sur chacune de mes œuvres avec un pur plaisir. C’est dans cette joie que j’avance mes pas traversant tous les combats en ailes battant de mon coeur vers la rencontre avec mon Créateur, en espérant mon paradis éternel. Nous avons tous un morceau de charbon dans notre âme pour en créer nos chemins de retour vers le paradis, vers la vraie vie destinée à nous dès son origine lors de Création du monde, vers la terre promise par Dieu exilé sur terre pour nous montrer ce beau chemin. Nous sommes tous artiste en quelque sorte avec ce petit morceau de charbon noirci ou blanchi dans nos souffrance et par l’image de la mort, dans le tréfond de nos blessures, celles de matrice de toutes les créations artistiques, la source permanente de la joie la plus parfaite de notre cœur. Mon exil est enfin clos par ce feu sacré de retour à la vie, à la lumière scintillante comme une danse des étoiles sur ses écumes de la marée éternelle de la vie au bout du voyage en exil à travers des longs ténèbres. Ainsi mon art s’ouvre comme une poésie de l’éternité au bord de la rizière de mon pays pris en grippe encore aujourd’hui contournant le coin de la ville des étrangers dans une tasse à café, un petit début de tout. Eden Jung-Wook PARK

Exil, 50 x 70 cm, Photographie, 2015
Exil Milan,, 38 x 29 cm, Peinture à l’huile, Installation de charbons laqués en noir et blanc, 2019
Exil Séoul, 38 x 29 cm, Peinture à l’huile, Installation de charbons laqués en noir et blanc, 2019
Exil Barcelone, 38 x 29 cm, Peinture à l’huile, Installation de charbons laqués en noir et blanc, 2019
Exil Rome, 38 x 29 cm, Peinture à l’huile, Installation de charbons laqués en noir et blanc, 2019
Exil, 140 x 71 cm, Sculpture Installation, 2019
Exode N. 2, 50 x 62 cm, peinture à l’huile, 2020
Exode N. 7, 50 x 39 cm, peinture à l’huile, 2020
Exil Paris, 30 x 10 cm, Sculpture Installation, 2019
Exil Cadaques, 30 x 10 cm, Sculpture Installation, 2019
Exil, 400 x 200 cm, Peinture, Sculpture,  Installation, 2019

« Peace », La Mercure, Château du Viguier du Roy, Figeac, 2019

Le journal LA DEPECHE, Exposition « Paix », la Mercure, Château du Viguier du Roy à Figeac, 2019

Publié le 02/08/2019 à 03:48 , mis à jour à 08:44      ExpositionsFigeac

L’Hôtel Mercure Figeac Viguier du Roy accueille jusqu’au 22 septembre l’exposition photographique «PAIX» de l’artiste franco-coréen Eden Jung-Wook Park. Lors d’un voyage à San Francisco, ce dernier découvre le plaisir de faire de la photo. C’est en lisant «le Cimetière Marin», poème de Paul Valéry que l’artiste découvre la France et décide d’y vivre. «L’art s’infiltre entre la paix intérieure et les combats de tous les jours, explique le jeune homme. La vie ne se résume pas à ce que je vois, mais quelques fois elle me fait découvrir des choses invisibles par un mouvement du vent, par un geste d’un ami et par le sourire d’un enfant. Le visible rejoint l’invisible». L’exposition révèle par 47 photographies ces moments vécus pendant ses voyages en France, en Espagne, en Italie ou en Californie. Par touches successives de couleurs, ces photographies très créatives sont travaillées et conçues comme des tableaux de peinture, une autre passion d’Eden. Le site remarquable de l’ancienne demeure du Viguier du Roi épouse admirablement les quatre déclinaisons de l’exposition. Si le jardin reçoit les clichés des arbres, la piscine ceux traitant de l’eau, le cloître accueille les représentations de l’éternité, le bar enfin fait la part belle à de magnifiques photos de tango pleines de sensualité. «Par cette exposition, nous ouvrons notre lieu sur l’extérieur, indique Adélaïde Pujol, directrice du groupe hôtelier. Ce parcours artistique est une occasion unique de découvrir ce magnifique endroit.» Journal « La Dépeche » Publié le 02/08/2019

Soiré sur le quai, 60 x 80 cm, Photographie, 2019
Souvenir de Tango, 60 x 80 cm, Photographie, 2019
Rencontre secrète, 60 x 80 cm, Photographie, 2019
La soirée de Tango, 40 x 40 cm, Photographie, 2019
Les amoureux de Tango, 40 x 50 cm, Photographie, 2019
Tango noir, 60 x 80 cm, Photographie, 2019
Femme au visage caché, 60 x 80 cm, Photographie, 2019
Chaos, 60 x 80 cm, Photographie, 2019
Lac Iseo, 60 x 80 cm, Photographie, 2019
Plage d’Etretat, 90 x 140 cm, Photographie, 2019
Création d’un arbre, 60 x 80 cm, Photographie, 2019
Homme à double visage, 40 x 50 cm, Photographie, 2019
Amoureux à Etretat, 30 x 20 cm, Photographie, 2019
Pêche à Monterey, 90 x 140 cm, Photographie, 2019
Plage de San Francisco, 90 x 140 cm, Photographie, 2019
Paix, 140 x 280 x 470 cm, Installation en charbons laqués en noir et blanc, Photographies, trois tables basses, 2019
Paix, 28 x 47 cm, Installation en charbons laqués en noir et blanc, trois chaises en miniature, 2019
Paix, 28 x 47 cm, Installation en charbons laqués en noir et blanc, trois chaises en miniature, pierre sculptée, 2019
Paix, 28 x 47 cm, Installation en charbons laqués en noir et blanc, deux chaises en miniature, 2019
https://www.ladepeche.fr/2019/08/02/eden-jung-wook-park-a-lhotel-du-viguier-du-roy,8342925.php

« Hope », la galerie Esperluette, Chartres, 2019

Le journal L’Echo Républicain, Exposition « Espoir » à la galerie Esperluette, Chartres, 2019

L’artiste franco-coréen expose ses clichés à L’Esperluète

L’Espoir d’Eden Jung-Wook Park

Le salon de la librairie L’Esperluète accueillie, depuis mercredi, l’exposition photographique d’Eden Jung-Wook Park, artiste franco-coréen.

Eden Jung-Wook Park, qui vit et travaille entre Chartres et Paris, ex^pose vingt photographies encadrés, de différents formats, jusqu’au 2 juillet, à l’Esperluète.

Ces Clichés représentent des images que l’artiste-photographe a prises sur le chemin de Jack Kerouac, à Monteley, en Californie et à San Francisco ; un champ d’oliviers à Figueras, en Espagne ; quelques paysages d’hiver à Gif-sur-Yvette ou encore l’installation d’un jardin coréen en art contemporain pendant son exposition à la Fondation Coubertin à Paris.

Un lever de soleil à La Rochelle apparaît comme image symbolique de l’espoir que l’artiste Eden Jung-Wook Park cherche à travers son voyage initiatique vers une autre réalité.

« L’art s’infiltre entre la paix intérieure et les combats de tous les jours. L’art comme un signe de vie, une petite lumière, une joie surprenante que la brèche d’un mur de silence me permet d’entrevoir, aspirer et imaginer une autre vie éternelle sans soucis », explique le photographe, qui ajoute : « La vie ne se résume pas à ce que je vois, mais quelques fois, elle me fait découvrir des choses invisibles par un mouvement du vent, par le geste d’un ami ou par le sourire d’un enfant. Le concret est ainsi parfois abstrait. Le visible rejoint l’invisible. C’est ce que j’essaie de montrer par mes photos », a souligné Eden Jung-Wook Park lors de vernissage de l’exposition mercredi soir.

21/05/2019, Basem Shalabi, journaliste de l’Echo Républicain

Appartement de la rue Pétrarque, 30 x 20 cm, photographie, 2015
Appartement de la rue Pétrarque, 30 x 20 cm, photographie, 2015
Chant d’olivier, 90 x 140 cm, photographie, 2015
Chemin de Croix N. 1, 90 x 140 cm, photographie, installation en charbons laqués blanc et noir sur sol de brique, 2019
Exil, 50 x 60 cm, photographie, installation en charbons laqués blanc et noir sur sol de brique, 2006
Hiver à Gif-sur-Yvette, 50 x 60 cm, photographie, 2006
Partir comme Picasso, Espagne, 50 x 70 cm, Photographie, 2015
Espoir, La Rochelle, 20 x 30 cm, Photographie, 2015

« West of Eden », la galerie CBL, Séoul, 2015

« L’Ouest d’Eden », la galerie CBL, Séoul, publication des trois albums photo à Séoul, 2015

The Fist

The light, that the artist Eden used, where black and white overalls, is implemented through a radical rhythms. The fists and the crossed arms with a background of darkness makes me think a white cross. A few books on the right bottom are telling us that it is a human drama in a living space.

We have the picture of the human body as the limits of human experience. The band without any tools does not aim at any target. It is to be met with just the fist. They are helpless. The hands are handcuffed crossed over the neck by the light and that straps us with significances.

The golden body hairs exposed in contrast look sensory but the two arms of a radical mineral cross is the story of the non-sensory fate. The story fares the tragic end through the fist that seizes nothing but one moment of the « negation ».

Traduction en français

Poings

L’écriture de lumière d’Eden est ici en noir et blanc et s’écrit dans un rythme frontal, voire brutal entre les deux domaines. Les bras croisés de « poings » sont comme une croix blanche sur un fond noir, où seuls quelques livres, en bas à droite, ouvrent un espace d’habitation humaine.

Mais nous sommes dans ces photographies à la limite du territoire humain et du corps de l’homme : les mains ne tiennent pas d’outils, les poings ne se tendent pas vers une cible ; ils sont impuissants, – enchaïnés à eux-mêmes à la croisée des poignets, menotés par l’évidence de la lumière.

Si le bras gauche de « poings » laisse sensuellement un léger duvet blond de poils, le bras gauche en revanche prend fin de façon minérale par un croisement énergique d’os et de veines. L’histoire du bras ici se termine mal, tragiquement sur les doigts resserrés qui ne tiennent rien, ou plutôt qui tiennent, un instant, le rien.

Jérôme Laurent, philosophe, professeur de l’université de Caen

Black Nirvana

Plato is the dog of Aristotle. If it’s barking Arsitotle takes his neck to drag into the black markets. The poem of Aristotle is a Plato’s collar. The chain swings like a stanza on the back of the statue who is shaving. I drink a cup of tea with Plato and I begin to torture him. It remains now a cold poem.

Traduction en français

Platon est le chien d’Aristote. S’il aboie, Arsitotle prend son cou pour traîner sur les marchés noirs. Le poème d’Aristote est un collier de Platon. La chaîne oscille comme une strophe à l’arrière de la statue qui se rase. Je bois une tasse de thé avec Platon et je commence à le torturer. Il reste maintenant un poème froid.

White Nirvana

A corner of life stood in the shadow. I ran away always to escape from the dark side of life. The butterfly in the sky came back in the shadow to hide it’s wings. The ordinary life is the most beautiful moments. Everything is peacefully hidden behind the wings with the instantaneous sparkling sunshine. The shadow of everyday’s life is a rusty mirror of the soul. It’s the house of everything. Coming back to that place I’m looking at the white world sunken in the blue shadow. I need a break to turn back my soul again to it’s place.

Traduction en français

Un coin de vie se tenait dans l’ombre. Je me suis toujours enfuie pour du côté sombre de la vie. Le papillon est revenu dans l’ombre pour cacher ses ailes. La vie ordinaire est des moments les plus beaux. Tout est paisiblement caché derrière les ailes avec le soleil étincelant sur un instantant. L’ombre de la vie quotidienne est un miroir rouillé de l’âme. C’est la maison de tout. En revenant à cet endroit, je regarde l’univers blanc plongé dans l’ombre bleue. J’ai besoin d’une pause pour ramener mon âme à sa place.

Eden Jung-Wook Park

Jardin d’olivier, Espagne, 50 x 70 cm, Photographie, 2015

Araignée, 50 x 70 cm, Photographie, 2015

Poings, 45 x 75 cm, Photographie, 2015

Errance, 50 x 70 cm, Photographie, 2015

Plage de San Francisco, 20 x 70,5 cm, Photographie, 2015

Twin Peaks, 50 x 70 cm, Photographie, 2015

Disparition, 50 x 70 cm, Photographie, 2015

Au bord de la Seine, 50 x 70 cm, Photographie, 2015

Photo prise sur un quai de Seine à l’île Saint-Louis près de l’Hôtel Lambert où est né « La Polonaise », le chef d’oeuvre de Frédéric Chopin. C’était une journée ensoleillée avec un jeune français que j’ai rencontré la veille dans un bar près de Panthéon. Quelqu’un de complètement normal, mais qui serait aussi capable d’abandonner sa vie en France un jour pour aller faire une aventure sans lendemain aux Etats-Unis.

Soirée « Jardin d’olivier », poésies et chants dédiés à « Champs d’olivier » d’Eden Jung-Wook PARK

J’ai eu l’idée de mise en scène de ses mains sur un arbre comme si elles jouaient une sonate de Chopin ce jour-là en passant devant l’Hôtel Lambert. Deux mains embrassant la vie, caressant ses instants, ces vagues de temps qui se brisent à chaque moment par les veines tissées et figées dans notre mémoire avec les écumes éphémères des jolis moments, le temps défini à notre style de sonate joyeux. Quel chant mélancolique, cette carapace du temps comme ce tronc d’arbre qui expose son corps nu abîmé, sublimé et devenu les cordes d’une mélodie.

Eden Jung-Wook PARK

Première vague à Saintes-Maries-de-la-mer, Camargues, 50 x 70 cm, Photographie, 2015
Paysage de Dali, 50 x 70 cm, Photographie, 2015
La guerre et la paix, 50 x 70 cm, Photographie, 2015
Sensualié, 50 x 70 cm, Photographie, 2015
« Nirvana », Nunbit Publishing Co. Seoul 2010
« La route vers Twin Peaks », West Sea Publishing Co. Seoul 2009
« Une journée chaleureuse », West Sea Publishing Co. Seoul 2009

Eden Jung-Wook Park, works & materials

 

Le chaos de l’être ? 존재의 혼돈, 29 x 21 cm, color pensil, oil painting, 2020

 

être ? 존재, 29 x 21 cm, color pensil, oil painting, 2020
Etre ? 존재, 29 x 21 cm, color pensil, oil painting, 2020

 

 

« Où es-tu ? 너 어디 있니 ? », 38 x 46 cm, Oil painting on canvas, 2020
« Dignité détruite d’un enseignant. 교사의 파괴된 존엄성. « , 38 x 46 cm, Oil painting on canvas, 2020

Exil Séoul, 38 x 29 cm, Peinture à l’huile, 2019

Exil Rome, 38 x 29 cm, Peinture à l’huile, 2019

 

Exil Barcelone, 38 x 29 cm, Peinture à l’huile, 2019

 

Exil Milan,, 38 x 29 cm, Peinture à l’huile, 2019

 


Paix, 28 x 47 cm, Installation en charbons laqués en noir et blanc, trois chaises en miniature, 2019

 

Paix, 28 x 47 cm, Installation en charbons laqués en noir et blanc, deux chaises en miniature, 2019
Paix, 140 x 280 x 470 cm, Installation en charbons laqués en noir et blanc, Photographies, trois tables basses, 2019

Chemin de Croix N. 1, 90 x 140 cm, photographie, installation en charbons laqués blanc et noir sur sol de brique, 2019

 

Exil, 50 x 60 cm, photographie, installation en charbons laqués blanc et noir sur sol de brique, 2006

 

Corps et âme. 50 x 60 cm, photographie, installation en charbons laqués blanc et noir, corps humain, 2006

 

Spectre du jardin coréen, 28 x 1,5 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, 2006

 

Spectre du jardin coréen, 28 x 21 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, bonsai, 2006

 

Arbre de miroir, 17 x 37 cm, Photographie, 2007

 

Exil, 50 x 70 cm, Photographie, 2015

 

Arbre de miroir, 25 x 45 cm, Photographie, 2007

 

Spectre du jardin coréen, 28 x 21 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, bonsai, 2006

 

Spectre du jardin coréen, 28 x 1,5 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, 2006

 

Spectre du jardin coréen, 28 x 21 cm, dessin pour l’installation, 2006

 

Spectre du jardin coréen, 28 x 21 m, installation en charbons laqués en blanc et noir, 2006

 

Spectre du jardin coréen, 28 x 21 cm, dessin pour l’installation, 2006

Genèse, 60 x 80 cm, Peinture à l’huile, technique mixte 2000

 


« Jack’s road », 2013, « At the end of the travel », la galerie Etienne de Causans, Paris, 2016

Voyage en Californie aux Etats-Unis, Exposition chez un ami à San Francisco, « Route de Jack », 2013, Exposition « Au bout du voyage » à la galerie Etienne de Causans à Paris, 2016

Une prise de vue à l’escalier du musée MoMA à San Francisco. Elle représente un horizon vertical qui coupe la mer et le ciel imaginaire dont personne sauf moi ne peut s’apercevoir en montant l’escalier à ce moment précis. J’étais assez fatigué d’un malentendu que mon ami américain m’a imposé pendant mon premier séjour de vacances chez lui à San Francisco. Cet horizon « vertical » m’a permis de me transporter dans un univers imaginaire. Une escapade vers une autre réalité qui ne peut exister qu’à travers de l’oeil de photographe, cette lumière qui entre dans une chambre noir s’appelant ‘Caméra Obscura » par un tout petit trou sur le mur qui ressemblait tellement à ma situation de ce malentendu. Je suis souvent sauvé par le bruit de chaque cliché que l’appareil de photo émettait à chaque instant quand la lumière pénétrait dans ma conscience, mais pas par le gong de combat sur un ring de la réalité absurde où se trouvait aucune véritable communication réciproque.

Chambre d’hôtel à Cannery Row en souvenir de Steinbeck

Les malentendus de communication sont à l’origine de tragiques épreuves qui jalonnent notre existence. Heureusement il peut arriver qu’une belle rencontre due au hasard ou à la providence nous libère de ce mal qui envahit notre quotidien. Quand le mystère d’une nouvelle rencontre survient dans votre vie, il se produit quelque chose qui nous dépasse : de petits moments énigmatiques, des risques agréables au début. On est transporté dans un espace de temps profondément dérangeant qui nous attire vers une autre vérité. Ce n’est qu’après plusieurs bouleversements inattendus, provoqués par des souffrances et des trahisons, que le sens de cette rencontre se révèle progressivement mais quelquefois aussi comme un éclaircissement soudain. L’amour s’empare de notre être, évoquant les traces d’écrits incrustés sur un papier blanc de plus en plus lourd de pensées. On commence irrésistiblement une escapade infinie vers un horizon imaginaire où la réalité est sans cesse changeante, ponctuée de nouveaux battements de cœur.

Eden Jung-Wook PARK

Vol sur Monterey, Californie, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Vélo et Jaguar , Chicago, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Enfants à la plage, San Francisco, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Géant qui porte la globe, New York, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Gatsby le manifique, New York, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Vue depuis John Hancock Tower, Chicago, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Pont Brooklin, New York, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Philosophe américain, Philadelphie, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Avenue Melrose, Los Angeles, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Chaussures et chien, San Francisco, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Monstres d’Hollywood, Los Angeles, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Route vers Twin Peaks, San Francisco, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Rue de Chicago, Chicago, 40 x 50 cm, photographie, 2013
T shirt vert, San Francisco, 40 x 50 cm, photographie, 2013
Bar rouge, San Francisco, 40 x 50 cm, photographie, 2013
MoMA, San Francisco, 40 x 50 cm, photographie, 2013